Nous sommes tombés amoureux de ce lieu qui appartenait à Guy et Michèle Vindiollet, apiculteurs depuis près de quarante ans. La miellerie offre un panorama exceptionnel sur toute la chaine des Puys, du Puy de Dôme au Puy du Cantal. Nous avons pris progressivement la place de Guy et Michèle qui nous ont transmis leur passion et leur savoir faire. Aujourd’hui nous nous attachons à rendre ce lieu accueillant, tout en jonglant avec une vie de famille bien remplie ! Petit à petit nous voulons faire de ce lieu un lieu d’accueil et de découverte qui aurait pour porte d’entrée le monde fascinant des abeilles. N’hésitez pas à venir pousser la porte, nous nous ferons un plaisir de vous accueillir et vous faire découvrir notre métier.

Pour nous qui n’étions pas destinés à cette vie agricole, nous découvrons une forme de cohérence et une générosité de la nature qui nous émerveille et nous édifie jour après jour. A nous d’en prendre soin, à être des bons intendants de la création. Si cette nature est généreuse elle nécessite néanmoins beaucoup d’observation, de prudence et d’adaptation avec des années qui se suivent et ne se ressemblent pas interdisant tout schéma préétabli, à l’inverse de processus de productions industriels.




Cette année l’a encore bien illustré, voila maintenant 8 saisons que nous travaillons avec les abeilles. Retrospective d’une « bien belle année pourrie ».

Mercredi 8 septembre 2021 : Le soleil brille enfin sur notre belle région et nous avons vu ce beau temps arriver avec un gros ouf de soulagement !

Le mois de septembre nous projette déjà dans la prochaine saison et nous préparons les ruches pour l’hivernage, contrôle du varroa, contrôle des provisions avec des ruches qui ont pour la plupart beaucoup souffert d’une année bien morose.
Retour en arrière… Mars 2021 : Après un hiver une nouvelle fois bien doux nous ouvrons les ruches pour constater que les reines ont rapidement repris la ponte ce qui a permis à la majorité des ruches d’en sortir sans encombre et de belles populations.


Nous étions alors pleins d’espérance devant cette année pleine de promesses. Mais… et c’est ce qui fait toute la beauté du travail agricole… tout ne s’est pas passé tout à fait comme prévu ! L’homme prévoit Dieu rigole 😉 A vrai dire un mois après nous ne rigolions plus trop, l’acacia avait de nouveau gelé pour la troisième année consécutive, il pleuvait sans discontinuer et les températures ne décollaient pas laissant craindre l’impossibilité pour les nouvelles reines de se faire féconder.

Bilan du printemps : pas de miel, des reines qui ont arrêté la ponte comme en hiver et des ruches sous perfusions de sirop hebdomadaires. Certains essaims, trop faibles sont morts de faim.




Juin 2021 : A vrai dire nous ne savons pas trop quoi faire : le lot de ruches déplacées en Corrèze ne donnent rien malgré une semaine de beau temps. Nous les déplaçons alors en montagne où il fait bien trop froid puis de guère lasse les redescendons prés de la miellerie où elles finiront par profiter des champs de tournesol autour, nous sommes le 15 juillet ! Le seul avantage de la situation est que d’habitude nous déplaçons les ruches de nuit pour être sûr de ne pas laisser d’abeilles sur place mais là il fait tellement froid que nous pouvons les déplacer en plein après midi !

Nous plaçons des ruches à plusieurs endroits pour guetter les floraisons qui pourraient sauver des ruches que nous avons bien du mal à garder en bonne santé. Nous profitons finalement le 20 juin d’une semaine de beau temps qui permet de façon générale à nos abeilles de sortir la tête de l’eau, au sens propre comme au figuré !

Et puis nous avons également la joie de développer de plus en plus le travail du miel avec Bruno qui nous aide sur la ferme depuis 4 ans. Les années passant, il devient dur pour lui de venir sur les ruches, et son travail se sédentarise un peu plus. Il s’occupe maintenant de la mise en pot et nous profitons désormais de ses talents de cuisiner/confiseur. Il a conçu une recette de pralines aux miels qui ont un

grand succès et nous avons pleins de recettes à tester ensemble cet hiver, nous avons hâte !

Le travail a plusieurs nous oblige à nous organiser petit à petit et nous voyions avec bonheur la miellerie s’embellir, se ranger et le travail y est de plus en plus agréable. Le métier rentre ! Bref une bien belle année pourrie !


Bilan

Nous produirons finalement autant de miel que notre première année où nous découvrions l’apiculture avec 30 ruches… nous en avons maintenant 300 !

Mais malgré tout ce fut une belle saison. Déjà, s’il n’est pas satisfaisant pour nous d’avoir du nourrir autant les ruches, le travail quotidien au chevet de nos colonies a donné tout son sens à notre métier de berger des abeilles ! Nous avons pu méditer par le travail de nos mains et notre sueur, longuement sur cette belle figure du bon berger qui laisse ses brebis pour aller retrouver celle qui était perdue prenant soin de la plus petite, la plus pauvre d’entre elles. De la même manière il nous a fallu en permanence avoir un œil vigilant sur les colonies les plus faibles en ayant sans cesse la préoccupation de celles qui en avaient le plus besoin. Travailler avec le vivant à cela de beau qu’il nous invite à prendre soin, à être attentif pour adapter en permanence notre travail, il n’y a pas de processus fixe… ni de résultat fixe !

Deuxième cadeau, la présence de Cédric avec nous pendant trois mois, en stage, et la transformation progressive de la miellerie qui se pare grâce à lui d’une petite mare pour les abeilles, d’un bac à sable pour les enfants, d’un portique, d’un nouveau magasin, d’une ruche vitrée et pleins de projets qui nous permettront d’accueillir petit à petit amis, promeneurs curieux, passionnés… et partager un peu de notre métier et de notre quotidien. Il s’est fondu avec passion dans notre rythme, à la miellerie et à la maison et aura était une vraie bouffée d’oxygène. C’était chouette de pouvoir partager cela et une belle aide au quotidien dans une saison bien mouvementée.

Nous avons également accueilli Wandrille qui a autant sué la journée avec les abeilles, que le soir avec les enfants tant ils riaient autour des jeux de société. Petit coup de chapeau car il nous a impressionné par son flegme avec les abeilles même lorsqu’il s’est aperçu que son voile fuyait et les laissait rentrer !

Nous accueillons de plus en plus de monde pour le travail de façon ponctuelle ou régulière et cela donne beaucoup de sens à notre activité, jeunes, moins jeunes n’hésitez pas à venir pousser la porte, il y a toujours quelque chose à faire 😉